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5 défis que les jeunes entreprises européennes doivent surmonter

De façon générale, l’écart se rétrécit entre la façon dont les affaires sont menées en Europe comparativement aux États-Unis; du moins, dans le domaine des entreprises en démarrage. Cependant, ces deux continents présentent encore des différences importantes. Les plus marquées sont, bien sûr, un marché fragmenté et les barrières linguistiques quoique, même sans celles-ci, les jeunes pousses européennes ont du pain sur la planche.

L’une des choses les plus évidentes avec laquelle les Européens doivent composer est l’aversion naturelle pour le risque. Les Européens s’engagent rarement dans une initiative en pensant que cela pourrait fonctionner, comparativement aux Américains qui sont plus aventuriers et prennent davantage de risques.

Dans ce billet, je comparerai les cinq défis les plus communs auxquels chaque jeune entreprise européenne doit faire face, et comment ces défis peuvent se transformer en possibilités.

1. État d’esprit et occasions

Une des différences fondamentales entre les Américains et les Européens remonte à l’avènement du rêve américain. L’idée que toute personne, peu importe son statut social, puisse avoir du succès aux États-Unis est une philosophie absente en Europe.

Les jeunes Américains sont prêts à s’investir à fond sur une idée non testée, tandis que leurs homologues européens s’engagent plutôt dans une vision à long terme conservatrice. En d’autres mots, ils préfèrent une carrière de type « 9 à 5 » et un chèque de paie garanti.

Cela a aussi quelque chose à voir avec le fait que les Américains sont introduits à l’entrepreneuriat à un âge beaucoup plus jeune. Un esprit entrepreneurial est encouragé dans les écoles et les collèges. Berkeley, CIT et Stanford sont des collèges importants situés à quelques kilomètres de la Mecque de la technologie : Silicon Valley. De grands joueurs de plusieurs compagnies enseignent dans ces écoles, ce qui nourrit la fibre entrepreneuriale chez les jeunes adultes qui suivent leurs cours.

Ce type de collaboration avec le secteur commercial manque à l’appel dans les collèges européens. L’éducation supérieure est principalement théorique et, bien qu’elle soit accessible à un grand pourcentage de la population, elle n’arrive pas à connecter les étudiants aux besoins réels du marché.

Il s’agit probablement de l’un des domaines où les États-Unis ont un net avantage comparativement à l’Europe ; le second étant le financement, dont je discuterai plus tard. D’autres réalités peuvent également être perçues comme des problèmes, mais les jeunes entreprises européennes les transforment généralement en défis qui, une fois surmontés, deviennent des occasions leur permettant de prendre une longueur d’avance comparativement à leurs homologues américains.

2. Géographie

La situation géopolitique sur les deux continents est probablement le premier obstacle soulevé lorsqu’il est question des jeunes pousses européennes. À première vue, les Américains ont la tâche facile. Ils détiennent un seul marché unifié qui fonctionne selon un ensemble de réglementations et qui communique dans une langue commune.

Les jeunes entreprises européennes doivent se frayer un chemin pour conquérir le marché un pays à la fois, ce qui est difficile, mais gratifiant.

Cette fragmentation géopolitique, jumelée à une mentalité différente, est probablement la raison pour laquelle les jeunes entreprises européennes se concentrent toujours sur les revenus à un stade précoce comparativement aux entreprises en démarrage américaines. Les Américains sont conscients du fait qu’ils détiennent un marché unifié et que la chose la plus importante est d’accroître leur nombre d’utilisateurs, et ce, même si cela signifie une perte de revenus au début.

Les jeunes pousses européennes savent que leur principal marché est leur premier marché ; avoir un budget équilibré et commencer à réaliser des profits est essentiel afin de pouvoir introduire l’entreprise dans d’autres pays. Voilà pourquoi les Européens s’attaquent rarement à un marché différent avant d’avoir établi une position ferme dans celui qu’ils occupent déjà.

Cette situation est un « plus » étant donné que cela les rend moins vulnérables à la perte de parts de marché une fois qu’ils décident d’intégrer d’autres pays. Leurs opérations dans les pays qu’ils occupent sont fermes et sûres, et ils peuvent se concentrer à développer leurs affaires ailleurs sans constamment regarder au-dessus de leurs épaules.

3. Langue

La barrière de la langue rend les choses difficiles pour les entreprises en démarrage européennes souhaitant déployer un produit qui sera disponible et adapté à tous les pays du continent – ou même à l’Union européenne. En revanche, les jeunes entreprises américaines peuvent y arriver sans même se soucier de la localisation tandis qu’elles font croître leur base d’utilisateurs.

Mais cette barrière de la langue est bien plus qu’une limite; elle engendre également un différent type de défi. La culture est façonnée par la langue. C’est le cas autant à la maison, dans l’intimité de votre foyer, que dans un contexte d’affaires.

Les entreprises en démarrage européennes doivent savamment naviguer entre différentes barrières culturelles découlant du fait que les habitants du continent parlent différentes langues. Et, bien que les non initiés considéreront cela comme un obstacle, il s’agit en fait d’une occasion que la plupart des jeunes pousses européennes saisissent et dont elles tirent parti.

Imaginez déployer un service en allemand et en anglais. Vous développez graduellement votre base d’utilisateurs en intégrant différents pays en même temps. Une fois que le nombre de personnes qui utilisent la version internationale (anglais) de votre service dans la République tchèque croîtra, vous le localiserez et le traduirez en tchèque.

Dans 9 cas sur 10, le nombre d’utilisateurs quadruplera... Si votre service est bon, bien entendu ! Cela s’explique en raison du fait que vous supprimez un obstacle d’adoption tout en détenant un groupe manifeste de supporteurs parmi les gens qui utilisent déjà la version internationale. Les gens apprécient les efforts déployés par une compagnie pour se rapprocher d’eux et répondre à leurs besoins.

Mais l’avantage ne s’arrête pas ici. Le marketing auprès de différentes langues et cultures vous force également à être plus créatif et à réellement sortir des sentiers battus. Ce qui fonctionne en Allemagne ne fonctionnera pas nécessairement au Portugal, et vice-versa.

Nous nous sommes donné pour mission de rendre notre appli disponible au plus grand nombre de langues pertinentes possibles. La seule chose qui dicte nos efforts de localisation est l’intérêt du client. Ainsi, cette barrière de la langue nous a donné l’occasion de nous rapprocher de nos clients et d’offrir un avantage apprécié : la capacité de tout faire dans sa langue maternelle.

Actuellement, Rydoo est disponible dans 8 langues et nous sommes capables d’entièrement localiser notre appli en moins de deux semaines, si nécessaire. Et ce n’est pas tout : Rydoo sera disponible dans 15 langues d’ici la fin de 2016.

Les jeunes entreprises américaines n’ont pas ce luxe. Tout ce qu’elles font doit être adapté afin de conquérir un énorme marché où les gens pensent et agissent de la même façon. Voilà qui est plutôt restrictif. Et bien qu’il soit difficile de naviguer dans un marché fragmenté par des frontières et des barrières linguistiques, la réalité européenne offre plus d’occasions aux compagnies qui sont prêtes à relever le défi.

4. Législation

Le marché américain est gouverné par une série de lois et de réglementations qui sont généralement uniformes d’un État à l’autre. Il existe quelques différences mineures, mais le gouvernement fédéral ratisse large et presque tout tombe sous sa juridiction. Bref, il est facile de se conformer aux lois aux États-Unis.

Ce n’est malheureusement pas le cas en Europe. Même si la majorité de l’Europe est consolidée sous l’Union européenne, les pays jouissent énormément d’autonomie. L’UE n’est pas un pays au même titre que les États-Unis. Il s’agit plutôt d’une fédération souple de pays qui sont très différents. Et chacun de ces pays possède des lois et des réglementations différentes.

Il est donc très difficile pour les jeunes entreprises d’offrir un service qui est conforme partout où elles désirent faire des affaires. Cependant, le jour où elles réussissent à se conformer à cet océan de réglementations, elles sont en mesure de faire croître leur entreprise, ainsi que leur base d’utilisateurs, sans se laisser gêner par la bureaucratie.

Dans notre cas, nous avons à gérer différentes règles pour les taxes locales. La plupart des pays européens imposent des réglementations complexes allant des allocations quotidiennes à la façon et la raison de remettre des reçus électroniques.

Rydoo offre la capacité de simplifier tout cela et de le moduler pour chaque pays. Nos solutions intelligentes viennent contrer ces règles complexes et permettent aux compagnies de se concentrer sur leurs affaires plutôt que sur la comptabilité.

Et n’oublions pas les taux de TVA qui varient d’un pays à l’autre en Europe ; peu importe si ces pays font partie de l’Union européenne ou non. L’application Rydoo permet aux compagnies multinationales œuvrant dans des pays européens de fixer n’importe quel taux de TVA par filiale ou catégorie, et il y a même une fonctionnalité ajoutée leur permettant de calculer automatiquement le taux de TVA.

De plus, beaucoup d’argent est perdu en Europe en raison des processus papier coûteux qui nuisent à la récupération de la TVA (près de 5,5 milliards d’euros chaque année, en fait, ce qui n’est pas négligeable). L’appli Rydoo permet aux compagnies de simplifier le processus de récupération de taxes et d’arrêter de laisser de l’argent sur la table.

5. Financement

La capacité de lever des fonds pour des rondes de financement est extrêmement importante pour les entreprises en démarrage des deux côtés de l’Atlantique. Le marché des jeunes pousses américain est dans une bien meilleure position en comparaison à l’Europe en raison du fait que le capital de risque est plus établi et plus enclin à se risquer. Aux États-Unis, il n’est pas rare que l’argent change de mains moins de 30 jours après qu’une jeune entreprise ait rencontré un investisseur.

En Europe, ce processus est beaucoup plus long et peut prendre de 3 à 6 mois.

Il existe trois capitales principales pour les jeunes entreprises en Europe : Londres, Berlin et Tel-Aviv. Londres est la seule assez solide et disposée pour financer une jeune pousse depuis l’investissement initial jusqu’aux phases de croissance et d’expansion.

De plus, les investisseurs européens ne sont pas enclins à prendre beaucoup de risques. Cela est à la fois une malédiction et une bénédiction pour les jeunes entreprises. D’une part, la possibilité de ne pas recevoir l’argent nécessaire est très réelle, mais d’une autre part, les jeunes entreprises feront tout en leur pouvoir pour s’assurer que leur argumentaire est solide comme le roc.

Cela signifie qu’ils auront souvent une preuve du concept qui s’avérera intéressante pour les investisseurs.

Les investisseurs américains sont plus enclins à prendre des risques lorsqu’ils accordent du financement, car ils craignent de manquer une belle occasion. Et l’on revient donc à la capacité de prendre des risques que j’ai mentionnée précédemment.

La perspective de Rydoo

Pour nous ici, chez Rydoo, ce fût un parcours semé d’embûches, mais nous avons réussi à transformer tous les défis du marché européen en occasions qui nous ont aidés à faire croître notre entreprise.

L’industrie de la gestion des dépenses dans laquelle nous œuvrons est remplie de défis. Chaque pays aborde un problème différemment, et chaque pays est doté de réglementations différentes statuant quelles compagnies peuvent être supportées ou non, et comment les dépenses doivent être effectuées.

Nous nous sommes inspirés de cette complexité et avons mis sur pied une entreprise prospère en créant une application qui permet aux compagnies et aux individus de gagner du temps et de simplifier tout le processus. Bref, nous voulions réussir là où les autres ont échoué, et nous y sommes arrivés.

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