>>> >> > >>

9 PDG de jeunes entreprises discutent des plus grands défis commerciaux en Europe

« L’un des plus grands défis auquel les entreprises en démarrage européennes sont confrontées aujourd’hui est la croissance et, plus précisément, la gestion de celle-ci. Du marketing aux ventes, les jeunes compagnies européennes sont peu équipées pour faire face à la croissance rapide qui est nécessaire pour solidifier leur suprématie dans toute industrie. »

Boris Bogaert, PDG, Rydoo

Il est vrai que les jeunes entreprises européennes ont du mal à trouver des gestionnaires qualifiés en mesure de diriger leur société et de sécuriser la croissance rapide que les jeunes pousses arrivent à atteindre aux États-Unis.

Les universités européennes sont ancrées dans les « vieilles méthodes » : elles bourrent le crâne des étudiants de concepts théoriques qui, pour la plupart, ne peuvent pas être appliqués au monde des affaires évolué d’aujourd’hui. Cela est loin d’offrir un terrain fertile pour former des gestionnaires innovateurs et créatifs, et de plus en plus de pays européens cherchent des talents ailleurs dans le monde.

Cependant, cela n’est pas le seul défi auquel les jeunes entreprises européennes font face. Boris peut en nommer spontanément cinq de plus en moins d’une minute (je sais, je l’ai testé).

Cela m’a amené à me demander : Quelle est l’opinion des PDG des autres entreprises en démarrage à propos de ce problème ? S’entendent-ils tous sur le fait que d’attirer le bon talent est la chose la plus difficile à accomplir ? Ou certains d’entre eux considèrent-ils que d’autres défis sont plus ardus ?

Poursuivez votre lecture pour le découvrir !

9 PDG de jeunes entreprises discutent des plus grands défis commerciaux

« Le financement est le plus grand problème pour les jeunes pousses européennes. Les investisseurs américains sont plus enclins à miser sur une entreprise et à participer à plusieurs rondes de financement. Malgré le fait que nous injectons 150 000 € de notre propre argent et que nous avons un solide marché entièrement fonctionnel et construit à partir de zéro, il a tout de même été difficile pour nous d’attirer des investisseurs potentiels. »

Carlos Oleaga, PDG, Outify.me

Twitter: @carlosoleaga

« L’Europe est un marché profondément fragmenté offrant plusieurs possibilités. Cependant, les barrières linguistiques, la fragmentation législative et les différences culturelles s’avèrent des problèmes fondamentaux avec lesquels les compagnies doivent apprendre à composer si elles veulent réussir. »

Florian Prucker, fondateur et co-PDG, Scalable Capital

Twitter: @flrnprckr

« Les différences culturelles doivent être gérées. Pour nous, le fait que chaque pays possède des habitudes de voyage différentes s’est avéré un grand défi à surmonter afin de mettre notre entreprise sur la bonne voie. Les mesures législatives doivent également être considérées. Il n’existe pas d’approche universelle lorsqu’il est question des marchés européens. »

Symen Jansma, PDG, Travelbird

Twitter: @SymenJ

« Attirer les bonnes personnes est la partie la plus difficile pour se hisser au sommet en Europe. Les jeunes (et vieux) professionnels se font rares, particulièrement ceux qui savent ce qu’ils font et qui savent comment faire progresser une compagnie. La concurrence est féroce et les compagnies ont besoin de se concentrer sur les pratiques d’embauche. »

Eric Wahlforss, fondateur et DPT, SoundCloud

Twitter: @ericw

« Il y a un sérieux manque de potentiel de leadership en Europe. Malgré tous les efforts déployés, il est très difficile de trouver les bonnes personnes qui amènent votre entreprise à un niveau supérieur. »

Louis Jonckheere, cofondateur et co-PDG, Showpad

Twitter: @louisjonckheere

« La fragmentation du marché est un problème, et ce, particulièrement parce que les marchés se situent à différentes phases de maturité. Il est donc difficile d’établir un seul et unique plan d’attaque. L’ensemble de cette situation est aggravée par des approches législatives différentes (et souvent nébuleuses) qui découlent du fait que chaque pays de l’UE est libre d’instaurer ses propres réglementations. »

Daniel Daboczy, PDG, FundedByMe

Twitter: @fundedbymeceo

« La guerre des talents bat son plein en Europe. Chaque jeune entreprise travaille fort pour attirer les bonnes personnes qui seront capables de relancer les équipes et d’offrir une orientation claire. L’argent peut être trouvé, les bonnes stratégies peuvent être définies, mais vous ne pouvez pas « fabriquer » vos employés comme on fabrique des marionnettes. »

Victor van Tol, cofondateur et PDG, SnappCar

Twitter: @VictorVanTol

« Un seul mot : bureaucratie. Les pays européens semblent se faire concurrence pour être celui qui inventera les mesures législatives les plus farfelues. Et l’UE est loin de contribuer à régler ce problème. Le nombre d’exigences sans valeur ajoutée qui alourdissent la bureaucratie est ahurissant, et il est ainsi difficile de faire des affaires dans l’UE : taxation, régime TVA de l’UE, politique en matière de témoins (cookies), pour ne nommer que ceux-là. »

Dennis Klett, PDG, Lodgify

Twitter: @Lodgify

« Nos plus grands défis touchent au réseautage et aux RP. En tant qu’Européen, il est difficile de nouer des relations solides et personnelles avec des journalistes et des blogueurs lorsque vous êtes à l’autre bout du monde. »

Michael Hollauf, fondateur et PDG, Mindmeister & Meistertask

Twitter: @mhollauf

Êtes-vous surpris de lire ces réponses ?

Je ne l’étais pas. Mesures législatives, géographie, financement, manque de talents, barrières linguistiques et différences culturelles : tout le méli-mélo du monde des affaires alambiqué européen s’y trouve. D’ailleurs, c’est exactement ce que mon PDG, Boris, vous dirait.

Prenons le temps d’isoler chacune de ces objections et de les classifier afin de déterminer lesquelles sont de réels défis et lesquelles sont des occasions... des occasions qui vous feront travailler fort !

Financement

Le financement est difficile. Les investisseurs européens n’aiment pas perdre de l’argent et ils se soucient (beaucoup !) des mesures de performance. Si vous tentez d’obtenir du financement, vous devez être capable de démontrer comment et quand vous pourrez leur redonner leur argent... et leur verser une part des profits ! Contrairement à leurs homologues américains, les investisseurs européens n’y vont pas par intuition. Vos chiffres sont satisfaisants, ou pas – point barre. Malheureusement, plusieurs bonnes idées n’ont même pas la chance d’être lancées à cause de ce système.

Langue et culture

La langue et la culture peuvent être davantage considérées comme une occasion plutôt qu’un défi, bien que dans certaines industries, elles s’avèrent être de sérieuses contraintes.
Cependant, si vous jouez bien le jeu, la barrière de la langue vous permet d’accroître graduellement vos affaires en solidifiant votre position sur un seul marché à la fois. D’un point de vue purement marketing, cela force les entreprises à être créatives, parce qu’une même chose ne fonctionnera pas partout.

Géographie et mesures législatives

Celles-ci sont des colosses. Les Américains ont la tâche facile : ils ont un marché unifié suivant les mêmes lois. Il peut être vaste et difficile à conquérir, mais au moins tout le monde joue selon les mêmes règles.
Cela n’est pas le cas en Europe. Chaque pays est libre d’établir ses propres règles et règlements. Malheureusement, la plupart ne sont pas compatibles, alors les entreprises doivent investir beaucoup de temps et d’argent afin de s’assurer que leurs produits et services sont parfaitement alignés aux réglementations locales avant d’investir un marché.

Manque de talent

La prudence est le mot regroupant tous nos problèmes. Les Européens (entreprises et actionnaires/investisseurs) mettent du temps à s’engager dans quelque chose.

Nous finançons de jeunes entreprises avec réticence, nous pénétrons de nouveaux marchés avec prudence et nous prenons le temps de nous préparer avant d’entreprendre quoi que ce soit.

Bref, nous prenons le temps de réfléchir avant d’agir. Et ce n’est pas une mauvaise chose... la plupart du temps.

Malheureusement, cela déteint sur nos diplômés. De plus, nos universités sont des enclaves qui coopèrent rarement avec le monde des affaires, contrairement aux institutions américaines dotées de programmes coopératifs et de participations obligatoires. Ainsi, nos diplômés sont tous à la recherche d’emplois de type « 9 à 5 » offrant peu de défis et d’occasions d’apprendre.

Voilà pourquoi nous manquons de talents pouvant faciliter la croissance rapide des jeunes compagnies – des personnes pouvant apporter l’expérience et l’expertise recherchées, et aider les sociétés à atteindre leurs objectifs plus rapidement et facilement.

Derniers articles

Rydoo

Comment Ivalis a réussi à réduire son temps de remboursement des frais professionnels de 3 jours

Les magasins ne ressemblent plus à ce qu'ils étaient il y a 15 ans car des technologies telles que la RFID (radio-identification), la géolocalisation ou les étiquettes électroniques ont transformé le secteur de la vente au détail. Avec plus de 13 000 magasins et entrepôts utilisant leurs produits et services, Ivalis est l'un des leaders mondiaux dans la gestion  d'inventaires. Depuis sa création en 1991, ses opérations se sont développées de façon significative ; la société, basée en France, dispose désormais de 11 filiales et 50 bureaux à travers le monde — ce qui signifie qu'elle doit gérer un nombre croissant d'employés. Nous avons échangé avec Philippe Kempf, Contrôleur de Gestion du groupe Ivalis, de leur approche, comment ils s’assurent en permanence que les outils déployés sont efficaces et pourquoi ils ont fait le choix de Rydoo pour la gestion de leurs dépenses.

2019-06-03
Partager
En savoir plus
Rydoo

Pourquoi les éditeurs de logiciels devraient-ils repenser la gestion de leurs dépenses ?

En 2011, Marc Andreessen fut le premier à affirmer pour le Wall Street Journal que les logiciels allaient conquérir le monde. Aujourd’hui, c’est bien le cas : de nombreuses entreprises technologiques ralentissent leurs développements de logiciels, alors que de nombreuses startups se créent et sont financées quotidiennement sous le modèle SaaS. Même les entreprises les plus connues pour leurs produits ‘hardware’ ajustent leur positionnement. Apple par exemple renforce ses services logiciels au détriment des ventes de iPhones.

2019-04-04
Partager
En savoir plus
Rydoo

Comment déployer Rydoo auprès de 460 000 collaborateurs ?

Avec plus de 460 000 employés et une présence dans 72 pays, Sodexo, leader des Services de Qualité de Vie et maison-mère de Rydoo, représentait un enjeu de taille pour l’éditeur de solution SaaS : implémenter sa plateforme et la déployer auprès d’un très grand compte. Grandir ensemble et apprendre les uns des autres façonnent le modèle “corp-up”. Quels ont été les difficultés rencontrées lors du déploiement ? Quels sont les résultats aujourd'hui ?

2019-01-23
Partager
En savoir plus
Rydoo

Une transformation digitale commence de l'intérieur

Koen Dierckx est Directeur Financier de Vanbreda Risk & Benefits depuis 2015. Afin de développer la stratégie de dématérialisation de l’entreprise, il a étudié les différents processus internes existants avec pour objectif principal de réduire les tâches à faible valeur ajoutée.

2019-01-09
Partager
En savoir plus